  Pour tes vingt ans, mon fils...Pour tes vingt ans, pas de grosse fête, Traditionnelle et superficielle, Que du sens et de la joie à trouver, Dans la réunion des êtres à tes côtés.
Pour moi qui t'ai fait naître, Et te regarde t'éveiller, Point n'est besoin de m'inquiéter, Car ta vie est là, devant toi, et t'attend pour se déployer.
Julien déplie ses ailes, Quoi de plus normal pour un ange ailé ! Ange du futur, ange du passé, En a fini avec la peine, Sera à jamais celui qui sème Ses graines de lumière A ceux, qui, dans l'ombre, se désespèrent.
A quoi bon lutter contre tant de beauté Un jour ou l'autre, te faudra l'accepter D'être un phare et rayonner Le bonheur d'être qui tu es.
Point n'est besoin de reculer, D'hésiter, de tergiverser, Remplis ta mission et soulève Le cœur des êtres à tes côtés
Donne-leur une vue de qui ils sont, En leur montrant tout simplement, Ton cœur à toi qui va vers eux, Et plus jamais, dans leur pénombre, Ils n'oublieront, que la lumière existe et brille, même pour eux.
Tu es l'exemple, tu es le feu, Tu es le cœur et la douceur, Par ta force et ta ténacité, Tu ouvriras le cœur des êtres.
Alors de grâce, si tu as peur, Si tu doutes et te demandes où sont ton cœur, Ta force et ta lumière, Regarde en toi et n'aies pas peur, Il te suffit d'ouvrir ton cœur Pour y trouver, sans aucun doute, Ton âme, si belle et si sage, qui te montrera ta route.
Le 4 mars 2009, pour mon fils bien-aimé, Maman
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|  Soixante-dix hivers... |  | Soixante-dix hivers Et autant de printemps Plus la fête des Papas, Beau jour assurément ! Des années occupées A bien construire sa vie, Glaner des connaissances, Assembler et monter. L'océan à couvrir, Des gens à découvrir, Un œil toujours curieux, De voir de l'autre côté. Point besoin de bateau Pour découvrir le monde, Il suffit de laisser Son cœur se réveiller. Enrichir son cerveau Etait la condition Pour être vu du monde Et par le monde aimé. Du charisme à revendre, Les gens aiment te suivre Pour devenir comme toi, A voir plus loin que soi.
Donner de son temps, Une façon d'exister Sans avoir à le dire Qu'on aime l'humanité Belle personne entière, Au départ, bien blessée, Au contact des autres, A appris à s'aimer De cœur, tu es rempli, Mais ne sais pas le dire, Ces émotions enfouies, Ne veulent pas sortir Mais tout ça n'est pas grave, Point besoin d'exprimer Ce qui tombe sous le sens Et bien souvent prouvé La présence à tout prendre Est une belle preuve Car toujours conservée Au-delà des années Et puis cette pudeur A le droit d'exister, Il n'est pas interdit Que je sache, de se taire !
Vieillir dans l'ouverture Aux autres et à soi-même C'est tout ce que je souhaite A mon père sur cette terre Avec candeur te demande Juste de faire attention De ne jamais ressembler A d'autres de ta lignée Caractère bien trempé Qui frôle la tyrannie Pour la faiblesse d'autrui Comme d'autres l'ont fait Cette chemise rose, Oseras-tu la porter ? Je sais, c'est pas facile Mettre une couleur de fille Le rose est un symbole Celui du cœur ouvert La porter est un signe Oser être soi-même Mais tu n'es forcé Tu ne seras pas condamné Il n'y a pas de jugement Je ne serai pas vexée !
Un reproche pourtant Ne sois pas si distant, Ne mets pas de réserve, A ce qui coule de source Il ne t'arrivera rien, Si en fin de message Au lieu d'être poli Tu m'envoies un baiser… Pour finir en beauté, Sache que comme tu es Tu es le père parfait Qui m'a accompagnée !
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|  Chère petite maman |  | Chère petite Maman, Demain sera le jour Où toutes les mamans Recevront de l'Amour. Hors de question pour moi, D'y oublier ma mère, Que je sens vulnérable, Sous une figure sereine. Alors je prends ma plume, Car en fait de Maman, Ça c'est incontestable, Moi, je n'en ai qu'une ! Toi et moi sommes pareilles, Filles issues de mères, Mères porteuses de vie, Femmes porteuses de rires ! Porteuses de bagages, Valises lourdes à porter, De peines et de colère, Longtemps accumulées. La seule différence, C'est que ces malles en plomb, Je les ai déposées, Et choisi l'insouciance. Toi tu n'as pu le faire, Ni même ne l'as souhaité, Et tu les as gardées, Et jamais écoutées. Quand la vieillesse arrive, Je trouve qu'il est bon D'avoir de l'indulgence Pour ce qu'on a été J'aurais bien souhaité Etre une fille « facile » Plus facile à comprendre, Plus facile à aimer… Mais si c'était facile, Tu n'aurais pas à faire L'effort d'apprivoiser, Mes paroles sibyllines ! Et la fille et la mère, Aux destins différents, Liées par le cœur, De chacune prendra soin. Tu es une vraie Maman, Imparfaite à tes yeux Mais celle qu'il me fallait Pour grandir à mes souhaits Si tu n'avais pas été Cette mère imparfaite Serais-je devenue Telle que je me suis faite ? Et si tu veux comprendre Un peu mieux où je vais, Je t'invite à te rendre Sur mon site Internet ! Demande donc à Papa, De te montrer la voie De venir jusqu'à moi, Par la Toile d'araignée Et juste un mot encore, Nous allons célébrer Tous deux, mon frère et moi, La tendresse retrouvée Et nous viendrons ensemble, Un week-end de juillet, Au calme de Sargé Pour vous y retrouver De mon jardin fleuri Je t'embrasse tendrement. Que jamais ne finisse Cette fête des mamans !
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|  à votre peine je m'adresse... |  | Cette peine insondable que j'ai trouvée dans ton regard, m'est allée droit jusqu'au coeur et est allée toucher mon âme, tristesse infinie, humanité nouvelle, cette beauté humaine, enfin retrouvée, qui fait de toi, de tes talents, un homme de chair et de coeur, un homme transparent.
Celui qui, en plus de réussir tout ce qu'il entreprend, porte en lui ces larmes de lumière, emplies de vie, trouvées à force de descendre au coeur du dedans, plus jamais ne pourra cacher aux autres et à lui-même, la vie en lui, son art et sa beauté, qu'il a choisis de porter.
Sur cette vague de tendresse que tu lui tends, elle glisse, pure, fragile et vulnérable, en soeur légère, elle t'accompagne, vies à jamais mêlées, reviennent à leur nature, âmes grandies, coeur déchirés, mais à tout prendre, prêtes à l'envol, à tout donner, ne rien garder…
Soeur/fée, grands yeux émerveillés, capte l'image, suit les couleurs, les fait vibrer, fait resplendir, sourit aux formes et en capture la beauté, a décidé, belle déterminée, d'agir dans sa lumière, pour celle du monde, de nous la restituer, de nous l'offrir...
Petite soeur qu'on croit fragile, est née d'ici, de votre vie ; en vérité, je vous le dis, n'a d'autre choix que d'élever, dans la grâce et dans l'action mêlées, les vibrations les plus basses que la Terre, dans sa sagesse, ne souhaite plus porter
à votre peine je m'adresse, à vos présences, vous savez maintenant, aurez à séparer ce qui maintenant doit exister l'un pour l'un, l'autre pour l'autre, vie pour vie, jour après jour, c'est le cadeau que vous êtes venus vous donner.
en vos courageux silences et en ces pas péniblement posés, j'ai toute confiance car bientôt arrivera, de ce chemin où vous irez, d'abord la Joie, celle d'exister, de voir, d'entendre et d'être, puis celle de faire grandir à force de lumière d'autres âmes comme vous, assombries par la peine... |
|  Devenue femme... |  | Dans ce placard était rangée, celle qui n'avait pas sa place, ses charmes au fond étaient cachés, ne souhaitait pas qu'on les dérange, par peur sans doute de se montrer, et d'attirer un monde étrange, où la beauté vue au grand jour, ne sert qu'à être dévorée.
il faut bien dire pour être honnête, qu'à l'opulence de ses rondeurs, on lui confronte plus d'animal, que de douceur à échanger...
Que tous ces regards sur la femme, n'élèvent pas au rang de l'âme, et ignorent allègrement, sa force puisée dans sa douceur...
Alors, il était nécessaire de trouver au fond d'elle-même un coupable, un bouc émissaire, et ainsi fut décidé, dans le silence et l'isolement, de sacrifier charme et beauté.
Mais vient un temps réparateur, celui qui cache et vient lever les voiles du lointain passé, décide qu'il est venu le temps, de révéler à tout le monde, combien est belle sa gorge ronde, et quelle beauté elle peut porter !
ah ce bonheur d'enfin nourrir cette part d'elle-même oubliée, de la montrer, de la parer, pour enfin le monde séduire, n'est-elle pas née pour inventer à grands sourires et rires légers, un monde où quand on est femme, la Vie on est venu porter... |
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|  ôde au vivant... |  | Rire, être détendue, vivre le moment, contempler la vie, la laisser me surprendre, sentir la paix et la joie se répandre, sourire au soleil, aux arbres qui protègent, avoir la surprise d'un sourire qui arrive et du prochain instant qui fera surgir, dans l'herbe fraîche et tendre, un petit lapinou, détalant ventre à terre...
Contempler la lune, rire avec elle aux étoiles, scruter les lumières qui brillent dans la nuit, imaginer que soudain, un ami, un frère apparaisse, qui me tendrait ses mains, se poserait près de moi, contre mon front son front, main sur mon coeur posé, main sur son coeur posé, connexion établie, frère et soeur retrouvés, lui, lumineux, bleu et tout doré, moi humaine, et blanc et rose mêlés...
Je l'accueille et lui donne, par ma propre lumière, le plaisir de fouler, notre compagne Terre qui s'ouvre, pour mieux l'aimer, à notre visiteur.
De son ciel étoilé, il vient nous apporter son accompagnement, il sait notre besoin, séparés que nous sommes, ou bien qui croyons l'être, de la Source divine. Nous vivons incertains de ce que nous sommes, nous nous croyons perdus, seuls et malheureux, tant de vies à comprendre, bientôt la réunion...
Rire et chanter, soutenir, accompagner, regarder arriver la suite surprenante, ne plus faire de projets, juste contempler l'instant.
Sourire et attendre la prochaine surprise, peut-être un elfe ou une fée, qui m'emmènera jouer, se cacher dans les arbres, voler de branche en branche, croiser des oisillons, avec leurs plumes blanches, regarder vers le ciel et voir un doux soleil, éclatant et rieur, éclairer jusqu'au coeur, flamboyante lueur.
Jouer, rire et jouer encore, dessiner sur le sol des arabesques blanches, et surtout, surtout, imaginer le vol, majestueux et léger, des aigles et des colombes, immensément joyeux de voler ailes contre ailes, réunis dans les cieux.
Différents de pelage mais semblables d'essence, ils nous donnent l'exemple du rassemblement d'âmes, qui par l'amour choisi, témoignent de l'uni, notre futur à tous.
Rien ne vaut le souci, nous sommes les perdants si nous croyons au jeu, la vérité est là, ailleurs, profond en notre coeur, affleurant comme un songe à notre claire conscience, quand notre coeur touché, et vers les cieux tourné, s'ouvre à la lumière, à l'Amour reconnu, enfoui depuis toujours au plus profond de nous.
Anges transformés en hommes, notre enfant, notre enfant oublié, nous avons fermé la porte au nez,
Interdit de le regarder, interdit de le comprendre, ni même de l'accepter. Le combat fut rude, il voulait revivre, se sentir exister, respirer l'air du dehors, lui, toujours enfermé.
Il a bataillé ferme, jusqu'au moment où, enfin, le regarder nous avons osé. Et là, miracle, il était vu, embrassé, cet enfant rejeté, dans le calme retrouvé, peut enfin respirer.
Cet enfant perdu peut enfin exister, ouvrons-lui notre porte, dans la joie des retrouvailles, écartons-nous pour le laisser passer, il rit, il gazouille, il joue avec les fleurs, essaie de compter les étoiles, s'amuse à sauter dans les flaques, agite sa tête et chantonne, il a les anges pour compagnons de jeu, des elfes et des lutins pour contourner les arbres, la Terre comme terrain de jeu et l'Univers entier.
Rien ne peut l'arrêter, son esprit est immense, sa joie pure, scintillante. demain n'existe pas, pourquoi s'en inquiéter ? Hier est oublié, maintenant vous comprenez ?
Mon Dieu, quelle joie simple de fouler cette herbe douce et tendre, d'un vert acidulé. Je t'aime mon enfant, te tiens ta place au chaud, je te donne ma vie pour que tu la gouvernes, et me laisse guider dans cet espace-là...
Nous naviguons ensemble, vous mes frères, vous mes soeurs, courons le même chemin, gravissons les mêmes pentes, heurtons les mêmes cailloux, certains s'arrêtent en route, d'autres regardent en l'air, explorant l'atmosphère, mais tous, autant que d'êtres, n'avons que notre coeur, ouvert et plein d'espoir, pour suivre la lumière, et la faire nous toucher.
Et tous, aussi, avons à l'intérieur, cette flamme immense, braise scintillante, flammèche intermittente ou bien feu dévorant qui fait de nous des anges, porteurs de la lumière, soleils incarnés, porteurs de la paix sur la Terre.
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|  La mort du Loup d'Alfred De Vigny (écrit en 1838) |  Les nuages couraient sur la lune enflammée Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée, Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon. Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon, Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes, Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes, Nous avons aperçus les grands ongles marqués Par les loups voyageurs que nous avions traqués. Nous avons écouté, retenant notre haleine Et le pas suspendu. Ni le bois, ni la plaine Ne poussait un soupir dans les airs; Seulement La girouette en deuil criait au firmament; Car le vent élevé bien au dessus des terres, N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires, Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés, Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés. Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête, Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête A regardé le sable en s'y couchant; Bientôt, Lui que jamais ici on ne vit en défaut, A déclaré tout bas que ces marques récentes Annonçait la démarche et les griffes puissantes De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux. Nous avons tous alors préparé nos couteaux, Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches, Nous allions pas à pas en écartant les branches. Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient, J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient, Et je vois au delà quatre formes légères Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères, Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux, Quand le maître revient, les lévriers joyeux. Leur forme était semblable et semblable la danse; Mais les enfants du loup se jouaient en silence, Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi, Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi. Le père était debout, et plus loin, contre un arbre, Sa louve reposait comme celle de marbre Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus. Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées, Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées. Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris, Sa retraite coupée et tous ses chemins pris, Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante, Du chien le plus hardi la gorge pantelante, Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer, Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair, Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles, Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles, Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé, Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé. Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde. Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde, Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang; Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant. Il nous regarde encore, ensuite il se recouche, Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche, Et, sans daigner savoir comment il a péri, Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre, Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois, Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois, Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve Ne l'eut pas laissé seul subir la grande épreuve; Mais son devoir était de les sauver, afin De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim, A ne jamais entrer dans le pacte des villes, Que l'homme a fait avec les animaux serviles Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher, Les premiers possesseurs du bois et du rocher.
Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes, Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes! Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, C'est vous qui le savez sublimes animaux. A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse, Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse. Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur. Il disait: " Si tu peux, fais que ton âme arrive, A force de rester studieuse et pensive, Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté. Gémir, pleurer prier est également lâche. Fais énergiquement ta longue et lourde tâche Dans la voie où le sort a voulu t'appeler, Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler."
Alfred de Vigny
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